Le principal enjeu, pour qui voulait observer sereinement l'éclipse de Soleil du 12 août 2026, était de trouver un lieu relativement épargné par la surfréquentation.
Dans le Bas-Rhin, le site du Champ du Feu - en altitude et avec vue dégagée vers l'Ouest - aurait été le site idéal mais il était à prévoir que ce site attire beaucoup de monde.
Idem s'agissant du Donon.
Deux jours avant l'éclipse, lors d'un repérage de site (intervenu dans des circonstances totalement fortuites), j'ai jeté mon dévolu sur la commune de Belmont.
Cette commune est très proche du Champ du Feu mais elle promettait d'être moins fréquentée pour l'occasion.
Les abords de la route départementale qui y mène offrent un très beau panorama vers l'Ouest, ainsi qu'en témoigne la photo ci-dessous du Soleil couchant, prise le 10 août 2026 (avec téléphone portable) :

Le 12 août 2026, je suis donc retourné dans ce lieu avec un ami (Bernard E.) et nous y avons disposé quelques instruments légers d'observation :

Nous avons pris soin de venir avec une avance conséquente par rapport au début de l'éclipse - et à raison puisque la zone s'est par suite remplie au fur et à mesure d'un public venu en nombre alors que nous étions seulement deux initialement -.
Tandis que la plaine d'Alsace croulait sous une chaleur suffocante, notre lieu d'observation situé à 835 mètres d'altitude et dans une zone naturelle offrait des températures agréables avec un léger vent rafraîchissant.
Un peu moins d'une heure avant le début de l'éclipse, une première photographie du Soleil a été prise en guise de test.
L'éclipse a débuté à 19 H 23.
Les photographies ci-dessous précisent l'heure (légale française) de leur prise et le degré d'élévation du Soleil.
Ces photographies ont toutes été prises avec :
- un appareil photo de type Canon EOS Ra, un objectif TAMRON 150-600 mm SP G2 muni d'un filtre solaire HOYA ND 100 000
- et des réglages identiques (1/250ème de seconde ; F8 ; 100 ISO ; lumière du jour).








On constate que plus le Soleil baisse en hauteur, plus la turbulence et la réfraction différentielle dans les couches basses de l'atmosphère font leur œuvre, en donnant au disque solaire un aspect de plus en plus crénelé (irrégulier) contrairement aux premières images sur lesquelles le limbe apparaît encore globalement lisse.
On constate également au fur et à mesure :
- la baisse de luminosité liée au phénomène d'extinction atmosphérique,
- et l'absorption des couleurs, en particulier du bleu qui finit par quasiment disparaître ainsi que le montrent également ci-dessous les histogrammes de ces images :








En effet, au fur et à mesure que le Soleil baisse à l'horizon, sa lumière traverse une épaisseur d'atmosphère de plus en plus importante, ce qui a pour effet de filtrer progressivement cette lumière en laissant passer préférentiellement le rouge.
C'est pour cette raison que le Soleil au zénith apparaît blanc tandis qu'il apparaît rouge-orangé sur l'horizon.
Lors de cette éclipse, le Soleil était à 151 585 000 km de la Terre, pour un diamètre apparent de +0°31'34.10" tandis que son diamètre réel est de 1 392 000 km.
La Lune était quant à elle à environ 365 498 km de la Terre, avec un diamètre apparent quasi équivalent à celui du Soleil à savoir +0°32'40,95", tandis que son diamètre réel est de 3 474,8 km.
Ainsi, par un hasard extraordinaire de perspective, la Lune qui est (environ) 400 fois plus proche de la Terre que le Soleil parvient à éclipser totalement celui-ci qui est pourtant environ 400 fois plus grand.
Depuis la France, la phase totale de l'éclipse n'était toutefois pas visible.
Il fallait pour ce faire être au Groenland, en Islande ou en Espagne.
Enfin, hormis ces considérations astronomiques, dans la mesure où une éclipse aussi basse était susceptible de présenter un intérêt esthétique via sa conjonction avec le paysage, j'avais espéré jusqu'au dernier moment (ou presque) que l'éclat du Soleil couchant finisse par être suffisamment estompé pour pouvoir :
- retirer le filtre sans danger pour le capteur
- et photographier ainsi le Soleil partiellement éclipsé avec le paysage.
Toutefois, même lorsque le Soleil était à moins de 1° d'élévation, son éclat m'a paru toujours trop important.
Afin de ne pas prendre le moindre risque pour le capteur, j'ai ainsi photographié le Soleil avec le filtre avant qu'il ne se couche et une fois couché, j'ai retiré le filtre pour photographier le paysage immédiatement après tout en conservant exactement le même cadrage.
Puis j'ai fusionné les photos du Soleil et du paysage avec GIMP.
Les images ci-dessous sont la résultante de ce travail de composition :



Le relief et les arbres visibles en avant-plan sont ceux de la montagne dite de "la Chatte Pendue", culminant à 900 mètres d'altitude.
Cet événement a par ailleurs été l'occasion de profiter de la lumière douce et tamisée de l'éclipse, si particulière et magnifiant le paysage qui était déjà d'une grande beauté.