L’Aigle transpercé ou la Nuit assassinée

 

 

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L’astronomie a été (et reste) menacée par la pollution lumineuse émise depuis le sol (éclairages).

 

Des actions de sensibilisation (et la crise énergétique) ont permis aux élus de prendre conscience de ce problème qui est toutefois encore loin d’être résolu.

 

Par ailleurs depuis peu, un nouveau fléau s’est ajouté aux menaces pesant sur l’astronomie.

 

Cette nouvelle menace vient paradoxalement du ciel : il s’agit de la lumière réfléchie par les satellites.

 

Pendant longtemps, les satellites étaient en nombre limités et leur incidence sur l’observation du ciel restait négligeable.

 

Depuis quelques années cependant, on assiste à une prolifération incontrôlée du nombre de satellites.

 

Ainsi, des projets de méga-constellations de satellites se développent et certaines Sociétés prévoient de lancer des dizaines de milliers de satellites…   

 

Les nuits d’été permettent d’ores et déjà de mesurer l’incidence délétère de la prolifération satellitaire.

 

A titre d’exemple, lors de mes observations du ciel au cours de l’été 2022 il était déjà impossible d’échapper plus de quelques minutes à ce fléau même avec un télescope d’une focale de 1000 mm. Les satellites traversaient le champ régulièrement en laissant leurs balafres (traces).

 

Les images des astrophotographes sont des images compositées au moyen de la méthode "Kappa-Sigma-clipping" laquelle permet d’atténuer les traces de satellites. Par ailleurs pour compositer leurs images les astrophotographes retirent au préalable les images brutes comportant les traces satellitaires les plus lumineuses.

 

Ces belles images présentées au public ne correspondent donc pas à la réalité du ciel d’aujourd’hui.

 

Afin de se rapprocher davantage de cette réalité, j’insère ci-dessous une image de la nébuleuse de l’Aigle (M16) compositée cette fois avec une méthode qui n’a pas pour effet de dissimuler les traces satellitaires parasites :

 

Traces de satellites (et, dans une moindre mesures, traces d’avions) ; cliquer sur l’image pour l’agrandir :

 

 

A noter par ailleurs que les acquisitions photographiques ayant servi à réaliser cette image ont été faites alors que la nuit noire était déjà bien entamée. Le phénomène du parasitisme satellitaire était bien pire encore au crépuscule (avec alors un satellite qui suivait l’autre) et je ne parle pas des quelques flashs surpuissants vus à l’œil nu, à côté desquels les iridiums d’antan feraient pâle figure…

 

Ce phénomène n’en est qu'à son commencement et ne fera qu’empirer.

 

L’immensité du ciel accaparée pour satisfaire la cupidité de quelques milliardaires excentriques, faux prophètes des temps modernes et vrais imposteurs.

 

Pendant ce temps, il n’existe toujours pas de régulation internationale.

 

En ayant déjà autorisé la création de méga constellations de satellites sans régulation internationale, la boîte de pandore a été ouverte et le top départ de la course à l’échalote a été donné : nombre d’entreprises ou d’Etats veulent à présent créer eux-aussi leur propre constellation de satellites. 

 

Cette dérive et ce laisser faire de la part des autorités sont consternants…

 

Selon une étude scientifique, dans les années 2030 pour un champ de vision de 7°, environ huit satellites seront visibles partout où l'on regardera et ils seront généralement les objets les plus brillants. Ils traverseront le champ de vision en environ 10 secondes et seront continuellement remplacés par de nouveaux satellites en transit (sur ce sujet : https://www.nature.com/articles/s41550-022-01655-6)

 

Le phénomène impactera surtout les observations réalisées en été.

 

Les algorithmes d’empilement des logiciels utilisés en astrophotographie permettent encore d’entretenir la fausse illusion d’un ciel vierge mais pour combien de temps ?

 

Ceux qui souffriront le plus du phénomène de prolifération satellitaire seront les astronomes faisant de l’observation visuelle pure (car il n’existera pour eux aucune solution) et les astronomes professionnels dont plusieurs sujets d’études seront gravement compromis. 

 

On est en train de détériorer leur domaine de recherche dans l'indifférence quasi générale et tout cela pour de l'internet aérien, du flicage ou des voitures sans conducteur. On marche sur la tête.

 

Le grand public n’en a pas conscience et ne voit que les messages de propagande en faveur de l’internet aérien et du "New Space", diffusés à l’initiative d’agences de communication puis relayés par des algorithmes internet qui, curieusement, occultent quasi systématiquement le point de vue des astronomes…

 

Après avoir pollué le plancher des vaches, détraqué le climat, voilà que l'on s'attaque à présent au bien commun (ou qui devrait l'être) qu'est le ciel.

 

Pour bien faire les choses, il aurait fallu que les pouvoirs publics au niveau international s'emparent de ce sujet, qu'ils créent éventuellement une seule grande constellation de satellites et que l'on oblige les opérateurs télécoms à la louer et à la partager.  

 

Que l'on permette à toute entreprise dans le monde de lancer des milliers de satellites, sans régulation internationale, est pure folie.

 

Où est le développement durable dans tout ça ?

 

Les Pouvoirs publics du monde entier connaissent la problématique mais sauront-ils réagir ou capituleront-ils face à la puissance des lobbies en œuvre ?

 

Le Politique a-t-il encore son mot à dire dans l’intérêt général ou pliera-t-il face aux intérêts particuliers ?

 

L’Histoire jugera.