Faire de l’astronomie par une nuit de pleine Lune ne m’aurait jamais traversé l’esprit si un ami ne me l’avait pas proposé.
La pleine Lune est en effet connue pour diminuer le contraste des objets du ciel, en particulier ceux dits du ciel profond (nébuleuses, galaxies etc.).
Cependant, la pleine Lune affecte beaucoup moins l’observation des planètes et la planète Saturne était précisément l’objectif de cette soirée.
Cette planète - qui était basse dans le ciel au cours de ces dernières années - commence à dépasser péniblement les 40°, d’où en théorie moins de chromatisme (dispersion) atmosphérique.
Par ailleurs, Saturne était alors proche de l’opposition puisque celle-ci est prévue pour intervenir le 4 octobre 2026.
Cependant, le ciel s’est montré peu coopératif avec une turbulence très marquée voire extrême.
L’image ci-dessous a été réalisée avec un télescope Newton de 200/1000 mm, une caméra ASI 678 MC et une Powermate 2.5X.
Elle est issue du compositage (via Autostakkert) de 2 000 poses de 15 millisecondes avec un gain réglé sur 228.
Le résultat a été traité via le logiciel Astrosurface.
Aucun correcteur ADC n’a été utilisé.
Aucun traitement par IA n’a été appliqué.
Saturne était alors très proche du halo lunaire :
Le halo lunaire ne semble pas avoir affecté Saturne mais ses satellites assurément.
Après Saturne, le télescope a été pointé vers la Lune, laquelle est réputée peu intéressante en phase de totalité dans la mesure où son relief est alors écrasé par la lumière du Soleil.
Toutefois, lors de cette phase quelques formations géologiques tirent au contraire leur épingle du jeu : il s’agit des éjecta de matière entourant les grands cratères d’impact, alors particulièrement visibles (il s’agit d’ailleurs de la phase la plus favorable pour les observer).
Les plus caractéristiques de ces éjecta sont les immenses rayons qui environnent le cratère Tycho :
Cap ensuite vers le limbe lunaire, permettant de voir que la Lune n’était en réalité pas illuminée à 100 %, quelques ombres et reliefs y apparaissant :
Ci-dessous la même image croppée et retournée, en mode « survol lunaire » :
S’agissant de l’ambiance générale, force est d’avouer que la douce lumière feutrée de Séléné nimbant le paysage du Champ du feu rendait cette soirée très particulière et agréable, sans besoin quasiment de lampe frontale.
Sur le chemin du retour, un cerf imposant avec ses bois majestueux se tenait au bord de la route avant l’auberge de la Rothlach, une jolie biche étant présente de l’autre côté de la chaussée.
Voiture stoppée pour permettre à ce Seigneur de la forêt de rejoindre sa Belle, pour profiter du spectacle et éviter un accident.