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Observations du 22 novembre 2025

 

NGC 1499 au milieu des nuisances lumineuses

 

 

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Le 22 novembre 2025, je me suis rendu au Champ du Feu afin de profiter d’une soirée qui s’annonçait belle et d’imager la nébuleuse NGC 1499.

 

Le manteau neigeux était plus épais que prévu.

 

Le Soleil couchant, avec sa lumière délicate et rasante, donnait du relief aux paysages hivernaux et les sublimait.

 

Tout avait donc commencé dans un décor de carte postale.

 

Les prévisions météo annonçaient une température de l’ordre de –7 °C et un vent compris entre 20 et 30 km/h.

 

Finalement, la température était de –5 °C, le vent totalement absent et l’air bien sec, ce qui rendait le froid supportable.

 

Compte-tenu du risque de vent (qui ne s’est finalement pas réalisé), je n’avais pas emporté mon télescope - trop sensible aux bourrasques - mais un objectif photo Tamron SP 70-200 mm G2 réglé sur une focale de 200 mm.

 

Celui-ci était couplé à un appareil photo Canon EOS Ra.

 

Les observations du ciel et les acquisitions photographiques ont débuté tôt, comme le permettent les nuits hivernales.

 

Le ciel pur et cristallin révélait des étoiles bien piquées.

 

Au début, eu égard à l’absence de vent, j’avais regretté de ne pas avoir pris mon télescope mais la suite des événements allait - bien involontairement - conforter le choix d’un imageur plus rapide.

 

En effet, dès 20 h, des véhicules en provenance de la plaine ont commencé à investir le Champ du Feu afin de pratiquer du rodéo sur glace sur le parking du Vieux Pré.

 

J’ai tenté de raisonner leurs conducteurs, leur rappelant qu’ils se trouvaient au sein d’une réserve biologique et d’un haut lieu d’astronomie dont il fallait préserver la quiétude, mais en vain.

 

Une jeune femme issue de leur groupe, qui semblait être la seule à faire preuve d’empathie, m’a alors prévenu, d’un air navré, que de nombreux autres véhicules allaient arriver.

 

La couleur était donc annoncée et mon temps sur le parking du Vieux Pré compté.

 

Effectivement, les nuisances ont rapidement empiré.

 

Après 21 h 30, d’autres voitures sont arrivées de la plaine, cette fois en nombre, bardées de lumières.

 

Certains véhicules étaient même dotés de gyrophares, et un pickup - dont le but était manifestement d’éclairer tout le parking du Vieux Pré - comportait une barre de LED d’environ un mètre de longueur fixée sur son toit.

 

Leurs conducteurs avaient transformé ce haut lieu d’astronomie qu’est le Champ du Feu en piste de dérapages sur glace.

 

Un véhicule de type quad est allé jusqu’à pénétrer dans la réserve biologique classée Natura 2000 pour y faire ses dérapages.

 

La nature se retrouvait ainsi écrasée et meurtrie par une espèce indigne et ingrate, ayant oublié qu’elle en est issue et qu’elle en fait toujours partie…

 

La plupart des chauffards, malgré les explications données, ne semblaient pas comprendre l’enjeu lié au respect de ce lieu naturel.

 

Avaient-ils plus de chevaux sous le capot que de neurones dans le cerveau ?

 

À 21 h 45, la situation n’était plus tenable, que ce soit en raison de l’éclairage total du parking du Vieux Pré par les véhicules, des risques pour la sécurité (en cas de perte de contrôle d’un véhicule lors des dérapages) ou… de feux d’artifice qui étaient tirés par les arrivants.

 

La voûte céleste, magnifique en début de soirée, ne pouvait plus être contemplée du fait de l’éblouissement induit par les phares, gyrophares, LED et feux d’artifice.

 

J’ai dû me résoudre à interrompre mes travaux, à ranger le matériel et à rentrer.

 

C’est pourtant à partir de ce moment-là que la nébuleuse NGC 1499 commençait à bien monter dans le ciel et qu’elle serait devenue la plus intéressante.

 

L’image ci-dessous, vu les circonstances, est donc une miraculée.

 

NGC 1499

 

Cette image a été permise grâce à l’ouverture rapide de l’objectif (diaphragmé à 3.5) et surtout à un suivi sidéral de la monture parfait de bout en bout.

 

L’image est issue du compositage de 121 poses d’une minute chacune d’une sensibilité de 1000 ISO, acquises jusqu’à 21 h 44.

 

38 poses d’une minute ont été supprimées car le halo généré par les phares et gyrophares des chauffards y était trop présent.

 

J’ai par ailleurs dû réaliser un retrait de gradient sous SIRIL (qui a fort bien fonctionné) afin de lisser le halo de lumière parasite apparaissant sur les autres images retenues.

 

J’en profite pour remercier une fois de plus chaleureusement les concepteurs de ce logiciel.

 

NGC 1499, également appelée « Nébuleuse California » en raison de sa forme évoquant l’État américain du même nom, est une nébuleuse en émission typique située dans la constellation de Persée.

 

C’est l’étoile Menkib qui excite et ionise l’hydrogène environnant, lui faisant produire de la lumière H-alpha (rouge) et H-beta (bleue), d’où sa belle couleur rose.

 

Par ailleurs, je savais que cette zone du ciel comportait des IFN (Integrated Flux Nebula, alias poussières interstellaires), mais leur ampleur sur l’image a été une agréable surprise.

 

La visibilité de ces IFN a été favorisée par l’usage d’un objectif rapide ouvert à 3.5 et par l’absence de tout filtre.

 

L’image est en effet prise dans le continuum, sans chercher à la contraster par l’usage de filtres qui n’auraient laissé passer que certaines longueurs d’onde en bloquant la lumière reflétée ou émise par les poussières interstellaires (car ces poussières, en plus de refléter la lumière des étoiles, peuvent émettre une faible lueur rougeâtre).

 

Lors de ma redescente, des véhicules continuaient à affluer de la plaine vers le Champ du Feu pour y pratiquer le rodéo sur glace.

 

Aucun animal n’était visible.

 

C’était la première fois que je ne voyais ni biches, ni chevreuils, ni sangliers, renards ou lapins.

 

Tous avaient probablement fui les abords du Champ du Feu en raison de la perturbation des lieux.