Les aurores boréales en Alsace du 12 novembre 2025 vues depuis la Robertsau (Strasbourg)

Depuis la fin du mois d’août 2024, l’activité solaire semblait - globalement - décliner mais le Soleil n’avait pas dit son dernier mot.

Trois éruptions de classe X éclatèrent les 9, 10 et 11 novembre 2025 :

- X1.79 le 9 novembre,
- X1.21 le 10 novembre,
- X5.16 le 11 novembre.

Les flux de plasma induits par les deux premières éruptions étaient attendus dès le 12 novembre, avant l’aube.

La sonde DSCOVR, postée au point de Lagrange L1 à 1,5 million de kilomètres de nous, fut la première vigie.

Dans la deuxième partie de nuit, elle alerta : le plasma arrivait.

Peu après, le modèle OVATION s’enflammait, affichant une puissance hémisphérique dépassant les 100 GW (et en hausse).

Pourtant, l’indice Kp restait timide, bloqué à 3.

Les données semblaient hésiter.

Fallait-il croire aux chiffres ou en l’intuition ?

Dans ce doute, une petite voix intérieure murmurait : « Si tu restes chez toi, tu risques de le regretter ».

Alors, malgré le confort et la chaleur du lit, je pris la route vers la Réserve Naturelle Nationale du Massif forestier de la Robertsau et de La Wantzenau, près du CINE de Bussierre.

Un lieu familier, offrant un horizon dégagé vers le Nord, là où les aurores naissent.

En chemin, derrière les arbres, un halo rougeâtre commença à poindre, telle une promesse :

aurore boréale en Alsace

Quelque chose devait se tramer derrière ces arbres…

Le CINE lui-même semblait auréolé d’une lueur diffuse :

aurore boréale en Alsace

Puis, arrivé au point d’observation, le spectacle s’ouvrit : un arc lumineux ondulait lentement plein Nord, telle une immense créature céleste, lente et vivante :

aurore boréale en Alsace

Un rouge délicat et changeant mais parfaitement visible à l’œil nu emplissait le ciel côté Nord.

Des piliers lumineux, guidés par le champ magnétique terrestre, apparaissaient timidement par instants.

La brume flottait, se mêlant à la lumière de l’aurore (crop) :

aurore boréale en Alsace

La Lune en quartier ajoutait sa clarté.

Soudain, une étoile filante traversa la scène, captée par une pose photographique :

aurore boréale en Alsace et étoile filante

La tempête géomagnétique atteignit finalement le stade G4 (Kp 9-).

Elle était probablement plus forte que celle du 10 octobre 2024, mais moins que l’extraordinaire aurore du 10 mai 2024.

Les photos ci-dessus ont été prises avec un appareil photo Canon EOS Ra, un objectif Samyang de 14 mm ouvert à f/2.4, un temps de pose de 3,9 secondes et une sensibilité ISO réglée à 2500.

La saturation des couleurs n’a pas été augmentée car les aurores n’ont pas besoin qu’on les embellisse : elles sont déjà l’incarnation de la beauté brute.

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous un time-lapse permettant de suivre l'évolution de l'aurore du 12 novembre 2025 :

S’agissant de la troisième éruption solaire du 11 novembre, pourtant la plus puissante, elle ne donna en soirée que des tempêtes G2 (Kp 6) puis G3 (Kp 7).

J’ai tenté d’observer l’aurore issue de cette troisième éruption dans la soirée du 12 novembre - cette fois depuis le Champ du feu - mais le ciel resta muet : l’indice Bz orienté vers le Nord empêchait la tempête géomagnétique d’atteindre nos latitudes.

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